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Rapport d’activité 2010

Maison de la Grâce - 28 ans au service du prochain

Rapport d'activité 2010

 

Nous sommes dans la main de Dieu

Le monde change. Des choses nouvelles arrivent à éclosion.
En Israël aussi, les choses évoluent. Beaucoup de nouvelles lois, de règlements et de décisions ont été votés. Il n'est pas toujours facile de bien suivre. Pourtant, les institutions privées doivent elles aussi se soumettre aux changements dans la législation. Nous ne pouvons plus être aussi spontanés qu'auparavant avec l'avantage de pouvoir mieux contrôler les choses.

Nous vivons selon la parole de Jésus :
« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »
(Matthieu 22, 21)

Cette évolution nous a conduits à créer en Israël une association qui soutient la Maison de la Grâce. Cet exemple a été suivi en Allemagne. En Suisse et en Belgique nous avons des cercles d'amis. Certains d'entre vous se souviennent sûrement que l'année 2009 a été très difficile pour beaucoup et aussi pour nous. Nous nous en sommes remis à Dieu et sa providence. Sa tactique semble avoir un peu changé mais elle est toujours aussi efficace. Nous ne sommes pas submergés de dons mais il arrive souvent que des organisations, des associations ou des personnes privées nous contactent, nous proposent un partenariat ou une possibilité de collaboration. Ceci amène des membres de la société à réfléchir ensemble aux problèmes, à chercher ensemble des solutions, à s'ouvrir à eux-mêmes et aux autres.

Pour nous c'est une perspective d'avenir très précieuse, à une époque où on n'entend presque que des mauvaises nouvelles.

Nous nous réjouissons de vous faire part de nos activités et nos efforts. Nous vous sommes reconnaissants pour votre fidélité et votre aide sous toutes ses formes. Ces témoignages de solidarité nous fortifient et encouragent notre communauté. Ils nous donnent l'espoir que malgré tout, un changement pour le meilleur est possible.

Que Pentecôte vous donne la joie et l'espérance d'être sous la protection de Dieu.
Nous vous demandons de continuer à nous accompagner dans la prière, cette force qui peut tout changer.

Agnes Shehade, Responsable  

     Salutations chaleureuses
     Agnes Shehade

 


Une deuxième chance prisonniers-1

Programme de réhabilitation des prisonniers

Durant l'année 2010, nous avons pu conclure avec succès le programme de réhabilitation de la Maison de la Grâce pour cinq prisonniers libérés sous contrôle judiciaire. Notre assistant social Elias Soussan conseille ces hommes individuellement au moins une fois par semaine et rédige un rapport trimestriel à la délégation des contrôleurs judiciaires. De plus, la Maison de la Grâce a accueilli 13 nouveaux sortants de prison ayant purgé leur peine. 24 hommes effectuent un service civil dans la Maison.

Bien que la Maison de la Grâce travaille depuis près de 30 ans avec des prisonniers et s'engage pour leurs droits, nous avons encore des difficultés à obtenir le soutien des instances officielles. C'est pourquoi il est toujours aussi importent pour Elias et son collaborateur Thomas d'intensifier les contacts existants dans le but d'améliorer les conditions des sortants de prison. Lors d'une réunion avec le directeur du Comité pour la réinsertion des prisonniers en Israël, beaucoup de problèmes ont été abordés et une collaboration dans le futur a été discutée.

Un autre évènement important a été la rencontre avec le grand rabbin des prisons d'Israël. Le résultat de cette rencontre est positif et nous essayons à présent en collaboration avec des prêtres d'offrir aux prisonniers un accompagnement spirituel. Les prêtres ont pu visiter plusieurs prisonniers, célébrer des messes et avoir des entretiens avec eux.

Salem est un sortant de prison qui habite en ce moment à la Maison de la Grâce. Il a 59 ans, est divorcé et père de 2 enfants. Il n'a pas de contact avec sa famille. Il est originaire d'une famille désunie en proie à de grandes difficultés financières. Rejeté et victime d'abus, il a fugué à 14 ans. Il a été condamné à plusieurs reprises pour différents délits, dont une fois à une peine de 21 ans de prison. Salem n'en est pas à son premier séjour dans la Maison de la Grâce. Il y a 12 ans il a commencé un programme de réhabilitation mais il n'était pas prêt à changer de vie. Après sa libération, il a souhaité revenir chez nous. Malgré son âge, il a retrouvé un travail. Les instances officielles rendent sa réinsertion difficile mais il ne veut pas abandonner. La Maison de la Grâce continue à l'accompagner. Salem raconte :

« La Maison de la Grâce signifie amour, don, communauté, empathie, égalité. La Maison de la Grâce n'a pas changé pendant toutes ces années; les collaborateurs donnent sans se plaindre. La rue est effrayante et elle m'a beaucoup pris. La famille de la Maison de la Grâce me donne un sentiment d'appartenance à une communauté qui me donne de la force et de la confiance. Je me sens tenu de parler de cela à tous ceux qui viennent dans la Maison. Être ici me donne le sentiment d'être un homme. On me traite comme tout le monde sans distinction de religion. Ils ont réussi à me motiver, à réveiller mon désir de vivre et d'aimer la vie. Ils m'ont découvert des dons et m'ont montré comment je pouvais conduire ma vie. Je suis à présent responsable de ma propre vie. J'ai appris à me respecter moi-même et je me sens poussé à accueillir les autres. Les responsables vont continuer à m'accompagner pour ma réinsertion et aussi dans mes problèmes personnels et familiaux. De tout cœur j'aimerais dire : Je suis très reconnaissant.»

Elias Soussan, assistant social et Thomas Shehade

 


Travail auprès des familles        Projet « Outreach » workshop de femmes

Magida est une jeune mère de 4 enfants âgés de 2 à 10 ans. Son mari travaille dans une menuiserie et n'a qu'un modeste salaire. Comme il est seul à gagner de l'argent, la famille a de grandes difficultés à assumer toutes les dépenses. Le logement est très vétuste, les enfants n'ont presque pas de jouets. Magida est conseillée par notre assistante sociale Tamara Shaer. Elle suit aussi des cours à la Maison de la Grâce. Deux de ses filles passent presque tout leur temps libre à la Maison de la Grâce et participent au cours pour les jeunes.
Magida partage ses expériences:

« La Maison de la Grâce est comme un deuxième foyer pour moi. Je m'y sens en sécurité et protégée et je n'oublierai jamais que j'ai reçu de l'aide financière pendant la période la plus difficile. J'ai changé, je suis devenue plus calme car je sais que ma famille et moi avons quelqu'un sur qui nous pouvons compter quand les temps sont durs. Tamara m'a soutenue et m'a encouragé à résoudre mes problèmes. Grâce aux workshops, je sors de mon monde et je rencontre d'autres familles. J'aime ces cours car ils me fortifient et m'aident à poursuivre la route. Lorsque je rentre chez moi, je suis détendue et ça déteint sur ma famille. Ils sentent une force qui émane de moi et cela nous donne le courage de ne pas abandonner. Même mes filles aiment venir à la Maison de la Grâce et sont toutes tristes lorsque le programme des jeunes s'arrête pendant les vacances. Cette année nous avons eu un vrai Noël. Pour la première fois, mes enfants ont reçu des habits neufs et des cadeaux pour la fête. Ils étaient fous de joie. Tout ceci a été possible avec l'aide de la Maison de la Grâce »

bourse d'echange de livres scolaires

En 2010, plus de 3000 personnes ont bénéficié du programme d'aide aux familles. Ce programme comprend les conseils, les distributions de nourriture, les distributions de médicaments, les aides d'urgence et les cours (workshops). Les thèmes de nos cours sont par exemple : information sur le cancer, les difficultés d'apprentissage des enfants, mieux tenir un ménage... Nous organisons aussi des fêtes, une bourse d'échange de livres scolaires, nous faisons des distributions de cartables, de cadeaux de Noël, de vêtements pour les fêtes, nous attribuons des bourses qui couvrent une partie des frais de scolarité et donnons des aides diverses. En 2010, nous nous sommes efforcés d'aider les familles en offrant un accompagnement professionnel pour aborder les problèmes à la base et pas seulement par des aides financières ponctuelles. Une des priorités a été de trouver de nouveaux partenaires et d'intensifier les relations avec les organisations gouvernementales et privées.

Tamara Shaer, assistante sociale

 


Soigner les relations

Pour raviver les relations que nous avons depuis de nombreuses années à l'étranger, Eli Badran notre collecteur de fonds et moi-même avons fait un voyage en Allemagne et en Suisse.

Pendant ce voyage, nous avons rencontré nos anciens et nos nouveaux partenaires et nous avons parlé avec eux du passé et de l'avenir de la Maison de la Grâce. Nous avons constaté qu'ils comprennent notre façon de travailler et la manière dont nous essayons de résoudre les problèmes posés par la situation incertaine en Israël. Ces rencontres ont été l'occasion d'échanges très profonds et nous avons pu informer nos partenaires sur nos projets. Dans le futur, nous essayerons de refaire ce genre de visites. La Maison de la Grâce cherche sans cesse de nouvelles possibilités pour aider la population plus efficacement. Nous dépendons de nos amis à l'étranger, de leur écho et de leur soutien que nous apprécions beaucoup. Jamal Shahade

Jamal Shehade                        

 

 


Jeunes en danger

Un Espoir Pour la nouvelle gènèration
football 

La Maison de la Grâce continue à encourager les jeunes. Notre programme jeunesse comprend un groupe de garçons, un groupe de filles, un groupe de sport, des programmes d'éducation, des Workshops, du volontariat. Nous avons étendu le programme et augmenté le nombre de participants. Pendant les vacances d'été, nous avons rénové le local, changé les chaises et ajouté un système multimédia. Les enfants se sont réjouis de ces changements. Le local est aussi utilisé pour des conférences et les cours pour adultes.

133 enfants profitent du programme jeunesse. Pour faire face à ce nombre en augmentation, nous avons embauché 2 collaborateurs : Rana Khoury qui entraîne l'équipe de basket des filles, Fadi Masri qui coordonne le groupe des jeunes volontaires.

Pour nous, garder le contact avec les anciens participants a toujours été important. La majorité d'entre eux a besoin d'accompagnement et de conseil même après 18 ans. Beaucoup essaient de se former ou de trouver un travail mais ils luttent au quotidien pour survivre et c'est difficile. Nous avons un nouveau partenariat avec la municipalité de Haïfa qui donne à des jeunes la possibilité de suivre des formations post-scolaires et de bénéficier de conseils d'orientation. Des entretiens à la Maison de la Grâce permettent à chacun d'avoir de l'aide pour préparer son avenir, réaliser ses rêves, préparer une formation ou chercher un travail. La Maison de la Grâce a essayé d'améliorer la qualité de ses services avec l'aide d'autres institutions. Ainsi, l'Université de Haïfa accepte d'envoyer des étudiants qui donnent des cours de soutien à la Maison de la Grâce. Beaucoup de parents ne peuvent pas aider leurs enfants pour les devoirs et n'ont pas d'argent pour financer des cours particuliers.
Les étudiants donnent des cours de maths, d'hébreu et d'arabe.

Salma a 14 ans et suit depuis 3 ans les cours de la Maison de la Grâce. Salma a 4 frères et sœurs et la situation financière de la famille est très précaire. Les parents de Salma se font des soucis pour ses loisirs et ses relations avec les jeunes de son âge. Ils nous ont demandé de nous occuper d'elle. En peu de temps, Salma a trouvé ses repères et s'est épanouie. Le volontariat est devenu important pour elle et elle a à présent des projets d'avenir :

« La Maison de la Grâce m'a aidé à résoudre des problèmes quotidiens que je ne peux pas discuter avec mes parents. En discutant avec Enas, la responsable du groupe des filles, et avec d'autres filles, je peux poser toutes les questions que je veux et je reçois des réponses. La Maison de la Grâce m'encourage et m'apprend à discerner ce qui est juste. Ma relation avec mes parents s'est améliorée. Ma façon de penser a changé. Sans la Maison de la Grâce je n'aurais peut-être pas pu évoluer dans ce sens positif. Je suis persuadée que c'était très important pour moi de venir à la Maison de la Grâce. Je me sens en sécurité et détendue quand je suis avec les autres filles. Je suis fière d'être membre de ce groupe. Nous nous amusons beaucoup. Je n'ai plus peur de partager des choses personnelles car je sais que personne ne se moquera de moi. Ce sentiment de sécurité et la manière dont mes opinions sont encouragées sont très importants pour moi et je ne veux en aucun cas y renoncer. »

Morad a 15 ans et fréquente la Maison de la Grâce depuis 6 ans. Comme Salma, il vient d'une famille nombreuse et ses parents ont des difficultés à s'occuper de leurs 6 enfants. Sa mère souffre d'une maladie chronique et son père travaille très dur. Morad dit :

« Je suis né pour aider. Je ne sais pas comment le dire mais j'en suis sûr. Je ne peux pas abandonner la Maison de la Grâce. Ici j'ai été soutenu et encouragé surtout quand j'étais avec Massad (responsable du groupe de garçons). J'étais comme un livre ouvert, je pouvais parler en toute confiance et suivre ses conseils. A côté de mes autres obligations, les cours et les activités à la Maison de la Grâce sont une des choses les plus importantes de ma vie. Je sens que la Maison de la Grâce est ma priorité, le reste vient après. J'ai beaucoup reçu à la Maison de la Grâce. Je suis aimé et j'ai appris à aimer de nouveau, ça me suffit. J'ai accepté des tâches qui m'ont appris à devenir plus responsable. Chez moi, personne ne m'a enseigné ça. Je ne veux pas mentir : Il y a eu des périodes où je ne voulais pas venir à la Maison de la Grâce, peut-être parce que le responsable avait changé. Mais ensuite j'ai réfléchi à ce que la Maison de la Grâce représente pour moi, je me suis habillé, j'y suis allé, hésitant, car la Maison de la Grâce est mon deuxième chez-moi. L'ambiance à l'école est horrible. Je n'y vois ni raison, ni but. Tout est pour rien. Comme j'ai peur de parler ouvertement, j'ai beaucoup de problèmes. À la Maison de la Grâce, c'est différent. Je peux dire ce que j'ai sur le cœur et ce qui me préoccupe. Chez moi, ce n'est pas possible non plus ; bien que nous soyons une famille c'est chacun pour soi. De la Maison de la Grâce j'ai appris l'essentiel : Compassion, amour, sens des responsabilités, comment se comporter avec les autres. Je le redis : les cours et les programmes de la Maison de la Grâce sont très importants pour moi et je n'y renoncerai pour rien au monde, même si je tombe malade. Je remercie Dieu pour la Maison de la Grâce, ça je le jure ! »

Par ces interviews, nous avons essayé de vous donner un aperçu du monde dans lequel vivent nos jeunes. Nous leur avons demandé de s'exprimer en toute franchise, de dire ce qu'ils ressentent et ce qu'ils pensent de nos activités et nous nous sommes efforcés de retranscrire leurs paroles le plus fidèlement possible.

Massad Attallah, assistant social et Bernhard Shehade, coordinateur des projets

Quelques Statistiques de l'an 2010:  

Programme de réhabilitation des prisonniers 31 hommes et leurs familles ont directement bénéficié de ce programme
24 personnes effectuent un service civil
Projet « Outreach » auprès des familles  1297 paquets de nourriture
102 personnes reçoivent l'aide d'urgence et médicaments
3800 personnes profitent de la boutique de vêtements
20 participants au camp d'été
66 participants aux workshops
1000 conseils
Le programme « Jeunes en Danger » 62 participants aux cours d'anglais et d'informatique
42 participants aux workshops
29 participants à du volontariat ou à une formation continue

700 bénéficiaires directs ou indirects auxquels nous incluons les enfants et les familles qui participent aux activités organisées par des jeunes à Noël et à Pâques